Erwan Ledru, « Contraste » le palais du breton !

C’est sur les bancs de l’école Ferrandi qu’entre le breton Erwan Ledru et le catalan Kevin de Porre naît une indéfectible amitié. De leurs contrastes, les deux chefs ont donné naissance à un restaurant éponyme dans le 8e arrondissement de Paris où les accords terre/mer sont au centre d’assiettes dans lesquels ce Ying et ce Yang, étoilés depuis 2022, unissent à merveille leurs sensibilités culinaires. Fort d’un papa cuisinier pour une collectivité et, plus largement, d’une famille qui s’approvisionnait bien plus volontiers dans leurs jardins et poulaillers respectifs que dans les grandes surfaces, la route vers les fourneaux était une voie royale toute tracée pour Erwan. Jeune et talentueux, notre breton ne cherche pas pour autant la lumière et préfère largement aux émissions culinaires à succès du petit écran celles de la cuisine ouverte du restaurant Contraste. Ça tombe bien, c’est là qu’on le retrouve après son service du déjeuner !

Paul Foster : To cook or not to cook there is no question !

Petite ville d’Angleterre touristique par excellence, Stratford-Upon-Avon a bâti sa réputation autour d’un nom ô combien illustre ; celui du poète dramaturge William Shakespeare dont la maison natale s’est transformée en un lieu de pèlerinage pour tout amateur de théâtre. C’est au cœur de cet environnement chargé d’histoire et empreint du sceau du Barde Immortel que Paul Foster, enfant de la région puisque natif de Coventry distant seulement de quelques dizaines de miles, a choisi d’y ouvrir son restaurant, Salt, par le biais d’une campagne de crowdfunding. Un pari pour le moins osé mais qui s’est rapidement avéré payant avec l’attribution d’une première étoile Michelin un an et demi à peine après l’inauguration de Salt. Et si les clichés sur la gastronomie de nos voisins d’outre-Manche ont la vie dure, quoi de plus opportun qu’une visite en cuisine en compagnie de Paul Foster afin de faire voler en éclat ce poncif désuet. En scène !

Jérémy Galvan, l’empire des sens

Pénétrer dans le restaurant éponyme du chef étoilé Jérémy Galvan situé au cœur de la capitale des Gaules, c’est s’immerger avec délectation dans un univers où, dès la porte d’entrée franchie, tous nos sens sont mis en éveil. Lumière tamisée, musique d’ambiance créée pour accompagner chacune des vingt-deux séquences d’un menu ô combien poétique, mûr de pierres et de mousse pour faire corps avec la nature, sublime vaisselle en céramique pensée par le chef lui-même pour un contenant en symbiose avec le contenu dégusté, créations culinaires données à la becquée ou un casque vissé sur les oreilles… Ce qui, de prime abord, pourrait paraître comme un simple artifice fait totalement sens pour s’inviter dans le monde singulier de Jérémy Galvan et mesurer la créativité sans limite de ce chef locavore à la sensibilité débordante pour, trois heures durant, se laisser guider et vivre un moment unique où le temps a clairement suspendu son vol. Prêt pour l’expérience ? Embarquez pour un merveilleux voyage introspectif et sensoriel où la gastronomie se mue en art !

Frédéric Lorimier, Virtus ose !

Pouvoir afficher sur son CV huit ans passés au restaurant La Vague d’Or à Saint-Tropez aux côtés du chef deux fois triplement étoilé Arnaud Donckele n’a pas suffi à combler l’appétit de Frédéric Lorimier. Avide de challenges, le trentenaire a posé depuis l’automne 2021, en compagnie de son épouse Camille, ses ustensiles de cuisine à deux pas du marché d’Aligre dans le 12e arrondissement de Paris, succédant au sein de Virtus au duo argentino-nippon Marcelo di Giacomo et Chiho Kanzaki. Dans ses valises, le jeune chef a apporté quelques douces réminiscences méditerranéennes, source d’inspiration à des créations où l’olive noire côtoie la Sériole et le Rouget la mandarine. Cette cuisine à la technique millimétrée et dont les sauces frôlent la perfection vaut déjà à Frédéric Lorimier une première étoile Michelin, invitant Virtus dans le cercle prisé des très belles tables de la capitale. Rencontre avec une étoile montante de la gastronomie.

Alexandre Marchon sur un plateau !

En 2012, alors âgé de 26 ans, c’est après une victoire dans l’émission « Un dîner presque parfait », qu’Alexandre Marchon choisit de troquer le costume cravate de l’agence de pub dans laquelle il officie pour le tablier de cuisinier auquel il aspire secrètement depuis son plus jeune âge. Autodidacte, c’est dans les livres et auprès des clients pour lesquels il s’exerce comme chef à domicile qu’Alexandre va parfaire ses gammes avant de concrétiser son rêve, ouvrant entre deux crises du Covid un restaurant à son nom dans le quartier populaire du 11e arrondissement de Paris. Actuellement sous les feux des projecteurs puisqu’encore en course pour prétendre à la victoire de la 14e édition du programme à succès de M6 « Top Chef », cet habitué des plateaux revient sur son expérience télévisuelle et un parcours pour le moins atypique. « Top, c’est terminé ! » Cette interview a été réalisée le 11 avril alors qu’Alexandre était encore en lice dans le concours Top Chef

Jean-Luc Tartarin voit rouge

Pendant 11 années, Jean-Luc Tartarin a fait briller ses deux étoiles Michelin dans le ciel du Havre, centré sur une cuisine où les produits d’une mer attenante et de maraîchers locaux à portées d’assiettes s’invitent dans des créations aux accords parfaits. Coup de théâtre, dans un effet d’annonce savamment orchestré qui a vu, entre-autre, le chef emblématique Guy Savoy tomber d’un piédestal que l’on croyait pourtant figé ad vitam aeternam, la dernière édition 2023 du petit livre rouge a décidé de retirer une étoile à ce haut de la gastronomie normande qu’est le restaurant de Jean-Luc Tartarin. Passées la tristesse et l’incompréhension, c’est aujourd’hui un sentiment d’amertume et une certaine forme de colère qui animent cet homme entier au franc parler légendaire qui a accepté de nous ouvrir ses cuisines et, surtout, son cœur. 

Kevin De Porre, la crème Catalane

C’est à l’école hôtelière Ferrandi que Kevin De Porre et Erwan Ledru se lient d’amitié, partageant une vision de la gastronomie qui tire un trait d’union entre la terre et la mer de leurs régions natales respectives, les Pyrénées-Orientales pour le premier et la Bretagne pour le second. Parti pour un bout de chemin en solitaire, Kevin fera ses armes dans les cuisines étoilées des palaces que sont le Plaza-Athénée, le Shangri-La ou encore le restaurant du chef japonais récemment récompensé d’un troisième macaron Michelin, Kei Kobayashi. Enfin, en 2019, le binôme se reforme au sein d’un restaurant, « Contraste » situé dans le 8e arrondissement de Paris, érigeant leurs différences en symbiose dans des assiettes où univers marin et ruralité du terroir émerveillent les papilles. Rencontre en cuisine avec l’une des deux têtes nouvellement étoilées de l’amphisbène « Contraste », Kevin De Porre.

Enrique Casarrubias, la gastronomie en vert, blanc, rouge

Encore enfant, c’est, au départ, pour aider sa maman veuve qu’Enrique Casarrubias passe derrière les fourneaux, venant prêter main forte à la préparation des plats que cette dernière vend dans la rue avant de se rendre au travail. Dans ce pays dont Kike est originaire, le Mexique, où la street-food tient un rôle prépondérant, le jeune garçon va transformer son altruisme familial en passion. C’est à Paris, dans les prestigieuses maisons que sont l’hôtel de Crillon ou le George V que le jeune chef vient parfaire ses gammes avant d’ouvrir en 2018 son restaurant, Oxte, à deux pas des Champs-Elysées. Récompensé d’une étoile en 2021, Enrique Casarrubias y propose, en compagnie de sa femme Montserrat, une cuisine marquée du sceau de son Mexique natal, colorée, inventive où les souvenirs gustatifs aux allures de madeleine de Proust se mêlent à une parfaite technicité acquise au fil d’un parcours sans faute. Et comme on le dit dans le beau pays d’Enrique, « Para todo mal mezcal, y para todo bien tambien ! » Photos : Florian Domergue

Alexandre Mazzia, la gastronomie en haute altitude

« Quand tu viens chez moi, tu viens manger mon âme… Tu me manges en fait ! » Si l’apophtegme peut surprendre, il traduit en tous points la philosophie du chef triplement étoilé Alexandre Mazzia qui a fait de la cuisine son merveilleux terrain de libre expression. Ainsi, prendre place à l’unes des tables de son restaurant AM situé dans le 8e arrondissement de la lumineuse cité phocéenne, c’est embarquer pour une expérience unique, un voyage séquencé des cinq sens où les accords des saveurs, des textures s’entrechoquent et racontent l’homme hors normes qu’est Alexandre Mazzia dont, depuis l’enfance passée à Pointe-Noire au Congo, la mer a guidé l’âme. Rencontre avec l’OVNI de la gastronomie française, la tête forcément dans les étoiles.

Jason Gouzy, l’Épicure de rappel !

« Pantagruel », un nom de restaurant qui, à lui seul, suffirait presque à nous mettre en appétit d’ogre ! En 2020, lorsque Jason Gouzy, passé par les cuisines des chefs trois étoiles Eric Fréchon ou Arnaud Lallement, décide de se lancer dans le grand bain en ouvrant au cœur du quartier du Sentier parisien un lieu aux allures de parfait clin d’œil à l’épicurisme rabelaisien, il est loin de se douter qu’une crise pandémique va s’inviter à sa table, l’obligeant, à peine ouvert, à fermer ses fourneaux plusieurs mois durant. Une première étoile Michelin couronnant le travail de ce chef dont tous les plats se conjuguent en triptyque gustatif du produit vient heureusement éclairer un ciel qui pouvait sembler bien sombre. Aujourd’hui, centré sur des assiettes aux douces réminiscences de Madeleine de Proust, Jason poursuit sa quête d’une cuisine étoilée pleine d’émotion accessible au plus grand nombre. Et puisque, comme le disait François Rabelais, « L’appétit vient en mangeant ; la soif s’en va en buvant. », quoi de plus agréable que de plonger dans l’antre de ce « Pantagruel » !

Frédéric Simonin, un chef engagé !

Bien qu’il ait troqué la légion étrangère à laquelle il se destinait pour le métier de cuisinier, la devise du célèbre corps d’armée, « Honneur et fidélité », semble être le sceau de l’approche culinaire du chef étoilé Frédéric Simonin. Honneur de porter haut les couleurs de produits d’exception, fruit du travail méticuleux et passionné de producteurs que l’ancien élève de Joël Robuchon vient sublimer de sa touche créative. Fidélité aussi à ces femmes et ces hommes de la terre auxquels le Meilleur Ouvrier de France 2019 rend hommage dans un livre « Frédéric Simonin, la cuisine d’un chef engagé » en 80 recettes centrées sur le respect d’une agriculture durable et d’une cuisine responsable. Rencontre avec un homme aux convictions bien trempées dans son restaurant éponyme du 17e arrondissement de Paris. En avant, marche ! Photo : Les rencontres réservent encore de belles surprises et celle avec ce chef au grand cœur qu’est Frédéric Simonin en est sans conteste une merveilleuse illustration. Ainsi, lorsque je lui ai demandé de le prendre en photo pour illustrer ce podcast, cet homme entier m’a répondu : »On va se prendre en photos tous les deux car une interview, c’est comme la cuisine, un moment de partage ! ». Merci à Fred et à toute son équipe pour ce délicieux moment riche en émotions.

Alice Tourbier, voyage en cépages

Pour Alice Tourbier, l’hôtellerie de luxe est avant tout une histoire de famille. En 1999, lorsque tout juste sortie des bancs d’une grande école de commerce, elle transforme, avec son mari Jérôme, le domaine Smith Haut-Lafitte à Bordeaux acquis par ses parents en point de départ d’un œnotourisme centré sur la richesse du vignoble hexagonal, le pari peut sembler pour le moins audacieux. Depuis, Les Sources de Caudalie, en partenariat avec la marque de cosmétique éponyme créée par sa sœur Mathilde, sont devenues un lieu de villégiature prisé internationalement où le raisin se conjugue à toutes les sauces, au restaurant étoilé tout autant qu’au SPA avec des soins centrés sur la vinothérapie. Loin de se tarir, les Sources ont, depuis 2020, vu naître à Cheverny un nouvel écrin qui met en lumière les merveilleux cépages du Val de Loire dans un cadre où architecture et végétation luxuriante s’entrelacent avec poésie. Voyage au pays des merveilles en compagnie d’Alice Tourbier pour une interview où l’art de vivre à la française est reçu vin sur vingt !