Manon Quérouil-Bruneel, profession grand reporter

C’est en Iran où elle terminait son DEA sur la condition des femmes en cette République islamique que Manon Quérouil-Bruneel s’est penchée sur la question des transsexuels au pays des mollahs. Serge Raffy, alors patron de l’Obs, lui met le pied à l’étrier en lui proposant de réaliser un sujet sur la question avant de le vendre à Paris-Match. Si après quinze années d’indépendance à barouder entre l’Afghanistan dont elle est devenue l’une des grandes spécialistes, la Syrie, l’Irak, la Libye ou même Terre-Neuve, Manon a depuis peu bouclé la boucle puisqu’aujourd’hui permanente au sein de la rédaction qui conjugue le poids des mots au choc des photos, c’est avec une intacte passion chevillée au corps que la journaliste se fond sur des zones à haut risque pour nous raconter un monde fait d’inégalités, de conflits, de guerres où la mort plane lourdement. C’est entre deux reportages que je retrouve Manon dans son havre de paix parisien où, entourée de sa famille, elle puise l’oxygène indispensable à son équilibre avant de repartir s’immerger pour, à défaut de changer le monde, nous informer des injustices dont il regorge.

Angélique Gozlan, écran total !

Alors que la quasi-totalité de nos adolescents se « réseaux » socialisent pour exister, trop souvent enfermés dans une virtualisation qui peut rapidement devenir pathologique, l’État tente de réglementer ce monde digital où bien des règles essentielles semblent abrogées. Plateformes pornographiques en « libre accès », cyber harcèlement qui peut conduire au suicide des plus vulnérables, quête frénétique d’images chocs dont les récentes émeutes ont été l’un des points culminants, il serait peut-être temps que le gouvernement prenne la mesure du monde en pleine mutation et à l’avenir bien sombre qui se dresse devant des ados en quête de sens. Angélique Gozlan, Docteur en psychopathologie secteur de pédopsychiatrie 93I03, établissement public de santé de Ville-Evrard et membre, entre autres, de l’Observatoire de la Parentalité et de l’Éducation Numérique pointe du doigt un flagrant manque de moyens octroyés au système éducatif afin de sensibiliser efficacement aux problématiques d’une société 2.0 et de lutter face aux dérives du virtuel. Restez en ligne, on ouvre le dossier de l’écran !

Les carnets de bord d’Agents d’Entretiens Volume 1 : Dans la tête du couple meurtrier : Fourniret/Olivier

En tant que psychologue et expert en affaires criminelles Jean-Luc Ployé a été chargé par la justice de dresser le profil psychologique de Monique Olivier qu’il a rencontré à plusieurs reprises. Pour rappel, Monique Olivier condamnée en 2008 à la prison à perpétuité était la femme du tristement célèbre tueur en série Michel Fourniret dont Jean-Luc Ployé a également étudié le profil psychologique dans une approche d’analyse systémique du couple. Michel Fourniret, qui a reconnu 11 meurtres d’adolescentes et de jeunes femmes, est décédé en 2021, emportant avec lui ses secrets dans la tombe, secrets sur lesquels aujourd’hui seule Monique Olivier peut lever le voile. La plateforme de streaming Netflix a diffusé une mini-série documentaire qui nous promettait, sans hélas y parvenir, d’entrer dans la tête de Monique Olivier. Jean-Luc Ployé y intervient sans toutefois mettre pleinement en évidence le quotient intellectuel de 131 qu’il a mesuré chez Monique Olivier et qui a tant fait polémique. Nous sommes en effet bien loin de la femme à l’intelligence de poule lobotomisée comme la définissait Michel Fourniret lui-même ! Pour ce premier volet des carnets de bord d’Agents d’Entretiens, Jean-Luc Ployé a accepté de nous livrer ses analyses, ses conclusions afin que nous puissions aller plus loin que Netflix et enfin entrer dans la tête de Monique Olivier. Prêts pour le voyage ? On décolle !

Docteur Noël Pommepuy, la psychiatrie en état de pénurie

Cheval de bataille de plusieurs gouvernements successifs, la réduction du déficit abyssal de la sécurité sociale a fragilisé notre système de santé en proie aujourd’hui aux maux les plus divers. Touchée de plein fouet par une crise des vocations, la psychiatrie, devenue sectorisée et dont l’approche a sensiblement évolué ces dernières décennies, voit ses praticiens se raréfier et les délais de consultation contraindre nombre de « malades » à se tourner vers les urgences. Face à une augmentation sensible de la souffrance au travail et devant une jeunesse confrontée à l’isolement, à la violence et au harcèlement né des réseaux sociaux, les troubles psychiques sont pourtant le parfait reflet d’une société malade. Pédopsychiatre et président de la commission médicale de Ville-Evrard, le docteur Noël Pommepuy nous ouvre les portes de son établissement pour livrer son analyse. Allongez-vous sur le divan !

Clive Nolan, House of the rising prog

Rendre visite à Clive Nolan dans son verdoyant comté du Herefordshire, c’est s’accorder un bond dans le temps et se retrouver plongé au cœur d’une Angleterre victorienne à son apogée. L’imposante bâtisse, typique du 19e siècle, aux tuiles multicolores et dont le claviériste, entre-autres, des groupes de prog rock que sont Pendragon ou Arena, a fait l’acquisition il y a plus d’un an est ainsi une merveilleuse source d’inspiration artistique dans laquelle Clive y fait actuellement construire ce qui sera son prochain studio d’enregistrement. Après un tour du propriétaire dont on retiendra la vingtaine de cheminées majestueuses et des pièces aux superficies dignes de salles de concert, c’est devant ses claviers de scène, actuellement en rodage pour la tournée à venir de Pendragon, que le maître des lieux nous embarque pour un merveilleux voyage au pays du prog. Come on in !

Gérard Chemla, Monique Olivier tire les ficelles !

Avocat de plusieurs familles de victimes du tueur en série Michel Fourniret et de sa femme Monique Olivier lors du premier procès du duo macabre qui s’est tenu en 2008 à Charleville-Mézières, Maître Gérard Chemla nous livre son analyse sur la systémie d’un couple qui, pendant seize ans, a semé la mort. Un pacte mortifère scellé dans une longue relation épistolaire alors que Michel Fourniret purgeait une peine de prison pour viol et qui, malheureusement, est passé sous les radars de l’administration pénitentiaire. Monique Olivier, femme effacée et dépeinte comme soumise à l’ogre Fourniret n’aurait-t-elle pas été finalement son « permis de tuer » ? La réponse de Gérard Chemla !

Jean-Pierre Birot, La Crim’ au crible

En 25 ans passés entre les murs du célèbre 36 quai des Orfèvres, Jean-Pierre Birot a connu tous les services de ce lieu chargé d’Histoire tout autant que d’histoires. Des meurtres sordides commis dans les bas-fonds d’un Paris version Misérables à la Hugo, aux enquêtes au long cours ponctuées d’interrogatoires synonymes de nuits sans sommeil, le commissaire Birot est la mémoire vivante d’une brigade criminelle qu’il conte dans un livre : « La Crim’ qui s’y frotte, s’y pique ». Entrez dans la « maison », Jean-Pierre Birot passe aux aveux !

Erwan Ledru, « Contraste » le palais du breton !

C’est sur les bancs de l’école Ferrandi qu’entre le breton Erwan Ledru et le catalan Kevin de Porre naît une indéfectible amitié. De leurs contrastes, les deux chefs ont donné naissance à un restaurant éponyme dans le 8e arrondissement de Paris où les accords terre/mer sont au centre d’assiettes dans lesquels ce Ying et ce Yang, étoilés depuis 2022, unissent à merveille leurs sensibilités culinaires. Fort d’un papa cuisinier pour une collectivité et, plus largement, d’une famille qui s’approvisionnait bien plus volontiers dans leurs jardins et poulaillers respectifs que dans les grandes surfaces, la route vers les fourneaux était une voie royale toute tracée pour Erwan. Jeune et talentueux, notre breton ne cherche pas pour autant la lumière et préfère largement aux émissions culinaires à succès du petit écran celles de la cuisine ouverte du restaurant Contraste. Ça tombe bien, c’est là qu’on le retrouve après son service du déjeuner !

Christian Prouteau, GIGN : engagé pour la vie !

Le 1 Mars 1974, c’est à l’aune d’âpres négociations avec sa hiérarchie et, plus largement, avec les hautes instances dirigeantes que Christian Prouteau donne naissance au GIGN, unité d’élite surentraînée de la gendarmerie nationale. Deux ans plus tard, le groupe d’intervention connaît son premier fait d’arme largement médiatisé, neutralisant des terroristes indépendantistes qui ont pris en otage un bus de ramassage scolaire à Djibouti. Une mission à haut risque qui, malgré la mort tragique de deux des enfants, Nadine et Valérie, va asseoir la légitimité du GIGN bien au-delà des frontières hexagonales. À l’arrivée de François Mitterrand à l’Élysée en 1981, Christian Prouteau fonde le GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République) et assure la sécurité du chef de l’État tout comme celle de sa fille dont l’existence est scrupuleusement gardée au secret, Mazarine Pingeot. Rencontre avec le fondateur et commandant historique du GIGN. Action ! Merci à l’ami chef étoilé Fred Simonin de nous avoir reçus dans son restaurant parisien pour cette interview

Paul Foster : To cook or not to cook there is no question !

Petite ville d’Angleterre touristique par excellence, Stratford-Upon-Avon a bâti sa réputation autour d’un nom ô combien illustre ; celui du poète dramaturge William Shakespeare dont la maison natale s’est transformée en un lieu de pèlerinage pour tout amateur de théâtre. C’est au cœur de cet environnement chargé d’histoire et empreint du sceau du Barde Immortel que Paul Foster, enfant de la région puisque natif de Coventry distant seulement de quelques dizaines de miles, a choisi d’y ouvrir son restaurant, Salt, par le biais d’une campagne de crowdfunding. Un pari pour le moins osé mais qui s’est rapidement avéré payant avec l’attribution d’une première étoile Michelin un an et demi à peine après l’inauguration de Salt. Et si les clichés sur la gastronomie de nos voisins d’outre-Manche ont la vie dure, quoi de plus opportun qu’une visite en cuisine en compagnie de Paul Foster afin de faire voler en éclat ce poncif désuet. En scène !

Arthur Dénouveaux, vendredi 13

Le 13 novembre 2015, Arthur Dénouveaux, grand amateur de musique et habitué des salles parisiennes, assiste au concert du groupe Eagles of Death Metal lorsque le commando terroriste qui a déjà semé la mort aux terrasses de plusieurs cafés de la Capitale fait irruption dans le Bataclan à coups de rafales de kalachnikov. Si Arthur est miraculeusement parvenu à s’extraire d’une fosse tristement commune dans tous les sens du terme, 130 personnes au total perdront la vie dans cette cauchemardesque nuit qui reste, à ce jour, l’attentat le plus sanglant jamais commis en France. Président de l’association « Life For Paris », créée un mois à peine après les attentats et dont le but est de permettre aux victimes, familles de victimes, professionnels d’intervention et aidants de pouvoir se retrouver et échanger, Arthur Dénouveaux poursuit sa quotidienne reconstruction dans cette vie d’après. Si le procès ultra-médiatisé qui s’est soldé en Juin 2022 par la condamnation du seul membre encore vivant du commando djihadiste, Salah Abdeslam, à la perpétuité incompressible a permis de refermer une page importante du chapitre, celle judiciaire, le traumatisme psychologique causé par ces attentats du 13 novembre reste pour toutes les victimes une plaie ouverte avec laquelle il a fallu réapprendre à vivre. Retour sur cette nuit en enfer !

Jérémy Galvan, l’empire des sens

Pénétrer dans le restaurant éponyme du chef étoilé Jérémy Galvan situé au cœur de la capitale des Gaules, c’est s’immerger avec délectation dans un univers où, dès la porte d’entrée franchie, tous nos sens sont mis en éveil. Lumière tamisée, musique d’ambiance créée pour accompagner chacune des vingt-deux séquences d’un menu ô combien poétique, mûr de pierres et de mousse pour faire corps avec la nature, sublime vaisselle en céramique pensée par le chef lui-même pour un contenant en symbiose avec le contenu dégusté, créations culinaires données à la becquée ou un casque vissé sur les oreilles… Ce qui, de prime abord, pourrait paraître comme un simple artifice fait totalement sens pour s’inviter dans le monde singulier de Jérémy Galvan et mesurer la créativité sans limite de ce chef locavore à la sensibilité débordante pour, trois heures durant, se laisser guider et vivre un moment unique où le temps a clairement suspendu son vol. Prêt pour l’expérience ? Embarquez pour un merveilleux voyage introspectif et sensoriel où la gastronomie se mue en art !