Sophie Alour, au gré du vent

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Soucieuse de s’extirper des cases ou même des cages dont elle a savamment scié les barreaux, des genres, des étiquettes, Sophie Alour transporte son saxophone ténor sur toutes les rives, les horizons, qu’elle s’inspire d’un mode de Messiaen ou d’une harmonie vocale de Billie Holiday. Si le jazz demeure le fil rouge de son univers sonore, il se teinte d’une multitude d’influences comme le prouve, une fois encore, son dernier album, « Joy », aux sonorités orientales, fruit de sa rencontre avec le oudiste Mohamed Abozekry. Bienvenue dans un monde sans frontière où chaque note fait sens et où l’improvisation s’élève au rang d’art. Bienvenue dans le monde délicieux de Sophie Alour !

« J’ai toujours trouvé hors sujet que l’on mette l’accent sur le fait que je sois une femme qui joue du saxophone. »

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Dans votre dernier album, « Joy », vous faites s’entremêler votre saxophone au Oud de Mohamed Abozekry. Comment est née l’idée de ce voyage musical aux teintes orientales ?

C’est né par hasard, même si l’idée était là, en moi, depuis longtemps. J’ai pas mal écouté les albums du saxophoniste David El-Malek qui utilise cette couleur orientale. L’intuition que c’était le moment est apparue lorsque le batteur Léon Parker m’a proposé de réaliser un duo saxophone/batterie. Je dois avouer que cette forme ne me parlait pas du tout. J’ai donc proposé d’y ajouter un Oud et Léon a adoré l’idée. C’est là que l’on a découvert Mohamed Abozekry. La vie de Léon Parker, passée entre les Etats-Unis et la France, étant un peu compliquée, il a préféré abandonner le projet. Le trio est donc devenu un sextet.

Jouer avec un oudiste, c’était l’envie de prendre des chemins de traverse, apprendre un nouveau langage loin des codes disons esthétiques du jazz, vous offrir un espace de totale liberté ?

Tout à fait. Je crois qu’aujourd’hui, j’aurais beaucoup de mal à écrire de la musique pour un quartet (piano, contrebasse, batterie, saxophone). J’aime détourner le saxophone de son utilisation disons habituelle. J’adore cet instrument mais, en même temps, je me plais à lui faire quelques infidélités en jouant de la flûte, de la basse, de la clarinette… J’essaye toujours de prendre le saxophone à contre-emploi. À force de ne pas jouer vraiment comme une saxophoniste disons « classique », j’arrive à donner à l’instrument de nouvelles couleurs. À ce titre, la rencontre avec Mohamed Abozekry a été déterminante car il n’est pas toujours facile de mélanger les univers, les langages musicaux pour faire naître quelque chose de cohérent. On a eu la chance que Mohamed Abozekry ait déjà une grande expérience en jazz, en musique improvisée, ce qui a rendu les choses plus faciles.

Quelles sont justement les contraintes dans le fait de jouer avec un Oud par rapport à la souplesse harmonique d’une guitare ?

Cela contraint l’écriture et cette contrainte a été un atout. J’ai, comme beaucoup, la peur de la page blanche mais toutes les exigences permettent de partir d’un point de départ, de libérer quelque chose. Cela indique une direction. Sans obligations, on est face à l’océan, un champ des possibles infini qui, forcément, fait peur.

Vous avez déjà une idée de ce que sera le post « Joy » ?

En ce moment, j’essaye, je dis bien j’essaye, d’écrire de la musique. J’ai une carte blanche programmée à la Grange au Lac à Evian et je vais y inviter mon groupe mais également la chanteuse Raphaëlle Brochet ou Rhoda Scott. Disons que cela va partir un peu dans tous les sens. En première partie, il y aura Guillaume Latil au violoncelle et Pierre Perchaud à la guitare. Je n’ai aucune idée de ce que cela va donner et c’est ce qui est intéressant. Bien sûr, je ne vais pas jouer de hard-bop qui, bien qu’étant les fondations de mon apprentissage, est aussi un genre dont j’essaye de m’écarter. Je tente toujours de trouver des chemins de traverse car, dans le be-bop où le hard-bop, si l’on prend en considération ce qui a été fait, on se rend bien compte que l’on ne peut qu’être en dessous, faire du réchauffé mais en moins bien. Mon parti pris a toujours été de quitter la grande route pour aller farfouiller dans de petits buissons sur les bas-côtés.

Le fait que vous ayez commencé par la clarinette vous a-t-il permis d’aborder le saxophone différemment et donc d’avoir une couleur de jeu très personnelle ?

C’est difficile à dire. J’ai effectivement essayé la clarinette comme le hautbois mais c’est le saxophone vers quoi je tendais depuis le début. À 12 ans, en passant dans les couloirs de l’école de musique, j’ai entendu le son du saxophone sans même le voir. Je tournais autour d’un son et, dès cette première écoute, j’ai su que c’était ça, que le saxophone ténor était l’instrument que je voulais. J’avais une intuition assez précise de ce que je souhaitais qui me trottait en tête. J’ai rêvé ce son, essayant même d’imiter Coltrane à la clarinette. Se projeter sur un instrument, le rêver comme ça, le transforme forcément en quelque chose de très fort, de très personnel.

C’est votre maman qui, au départ, ne souhaitait pas que vous jouiez du saxophone je crois ?!

Oui, enfin elle ne voulait pas déranger les professeurs plus qu’autre chose. C’est d’ailleurs vers 18 ans que j’ai découvert qu’un instrument pouvait être genré. Le saxophone est très masculin et on m’a fait comprendre qu’une clarinette était quand même mieux pour une jeune femme. Là, je suis tombée des nues. Toute mon adolescence, j’avais écouté des saxophonistes hommes, noirs, américains sans me dire : « Je suis blanche, bretonne, femme ». Ce n’est que plus tard que je me suis rendue compte que le fait que le saxophone soit si genré n’était ni plus ni moins que du sexisme. Je pense que c’est un peu ce que l’on peut ressentir lorsque l’on est victime de racisme. C’est d’abord l’incompréhension, la surprise qui prédominent devant le fait que l’on puisse être réduit à quelque chose de limité, une femme ou une personne de couleur par exemple.

Comme vous le dites, pour certains, forcément, une femme qui joue du saxophone, ça interpelle, ça fait parler. Je crois que vous avez justement toujours souhaité lutter contre cette image de « devoir votre réussite » au fait d’être une femme ?

J’ai toujours été agacée que ce soit le premier aspect que l’on voyait en parlant de moi alors que j’y étais totalement indifférente. Pour rejoindre à nouveau l’exemple du racisme, on ne se vit pas comme étant blanc, noir, femme ou homme… Nous sommes humains, musiciens avec des aspects sociologiques, psychologiques qui dépassent largement le cadre du genre, de la couleur de peau… J’ai toujours trouvé hors sujet que l’on mette l’accent sur le fait que je sois une femme qui joue du saxophone. Après, le succès est l’aspect pernicieux, pervers de la chose. On ne va pas se plaindre de réussir, mais le fait d’être une femme dans un monde instrumental d’hommes peut jeter le discrédit ou tout du moins le doute. Avec le temps, l’expérience, on arrive à se situer et j’en ai pris mon parti. Ce doute quant à ma reconnaissance m’a fait souffrir au début mais heureusement ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Photo Elodie WInter

Pourquoi un instrument serait-il masculin ou féminin ?! Quand on y réfléchit, cette question n’a aucun sens !

Tout à fait. Pourquoi, c’est la question que je me suis toujours posée et qui n’est que le fruit d’idées reçues. Les gens ne se rendent tout simplement pas compte qu’ils véhiculent des préjugés qui sont institués. Il y a bien d’autres exemples beaucoup plus extrêmes concernant l’arrivée des femmes dans les prés carrés masculins. C’est une façon de garder le pouvoir qui n’est pas pensée comme telle puisqu’à la base, c’est fait pour nous protéger. Me concernant, je devais avoir 18 ans et c’est un ami professeur qui avait une cinquantaine d’années qui m’a dit : « Tu ne vas pas faire du saxophone, c’est bien trop masculin ! »

C’est peut-être ce qui vous a encore plus motivée pour aller au bout de votre envie et faire bouger les lignes ?!

Non seulement cet ami me déconseillait de faire du saxophone mais il me déconseillait aussi de monter à Paris. Résultat, j’ai fait les deux ! Ses paroles auraient pu me décourager car c’était une personne qui comptait beaucoup pour moi et, finalement, j’ai pris le contre-pied alors que ses mots m’avaient profondément attristée. Le milieu qu’il avait lui-même connu du jazz était très dur. Le monde de la nuit, les clubs… Pour une jeune bretonne qui monte à Paris, ça a dû lui faire peur. Je pense qu’il avait envie de me protéger de tout cela !

On vous a comparé dans de nombreuses chroniques à Chet Baker pour votre approche du son de l’instrument. Comment construit-on son son justement et évolue-t-il au fil des années de pratique ?

Le son évolue car il est l’aboutissement du sens esthétique du musicien. Il est le fruit de tout ce qu’il aime comme de tout ce qu’il n’aime pas. Le son en dit tant sur la personne que l’on est ! Après, on est toujours en lutte avec le son, tendant vers quelque chose, un absolu.

Et vous avez une idée précise de ce vers quoi vous tendez ?

Je n’ai pas de référence sonore. Je pense que cela dépend aussi des contextes. Je suis en permanence insatisfaite du son. D’abord, il est rare que le saxophone soit bien enregistré car c’est un instrument très compliqué à capter et puis, comme je vous le disais, je suis toujours à la recherche d’un absolu, de quelque chose qui me semble inatteignable. J’essaye donc de corriger le tir. Je crois que cette quête est assez inconsciente du reste. Au début de ma carrière, je voulais ressembler à tel ou tel saxophoniste. Aujourd’hui, je ne me pose plus du tout ce genre de question, seulement motivée par un esthétisme sonore. Après, mettre des mots là-dessus n’est pas forcément aisé. Le son est une intention, le fruit de plein de choses. Je sais ce que je ne veux pas, mais dire ce que je veux demeure plus abstrait.

Photo Elodie Winter

Avec votre deuxième album « Uncaged », vous vous éloigniez des codes du jazz avant d’y revenir en trio avec « Opus 3 ». Être en perpétuel renouvellement, vous remettre en question semble être le maître mot qui vous anime à chaque nouvel album, chaque nouveau projet ?!

Personnellement, je n’essaye pas de me renouveler, je tente juste désespérément de trouver l’inspiration ce qui est différent. Bizarrement, pour arriver à cela, j’ai constaté effectivement que je passais d’un extrême à l’autre. Quand on mène un projet de manière intense pendant deux ans, c’est tellement d’énergie qu’à un moment on a juste besoin d’un sas de décompression pour aller vers autre chose.

Une fois que le projet est abouti, telle une respiration entre les notes, avez-vous besoin d’un temps de latence pour repartir vers d’autres horizons musicaux ?

Oui, ça doit être quelque chose comme ça. Je me suis rendue compte que j’avais comme ça une phase d’entre deux. Je ne compose pas en permanence. Lorsque je compose, que j’enregistre un album, j’ai ensuite ce besoin de me détourner totalement de la musique. Dans ces périodes, je me mets à la peinture. Je crois que j’ai besoin de suivre ce processus pour rester créative.

Justement, comme vous le précisez, outre la musique, la peinture est votre autre passion. Y a-t-il un état pour composer et un état pour être créative dans l’inspiration picturale ?

Quand je peins, c’est parce que je n’arrive pas à écrire. Ce n’est pas par dépit non plus mais comme si j’avais peur de me remettre au travail de composition. La peinture étant grande consommatrice d’énergie et prenant tout mon cerveau, elle me lave complètement et est, je crois, une phase nécessaire pour revenir ensuite vers la musique. Dans la peinture, il y a toujours la conscience du regard mais il n’y a plus le public, la scène, on est seule avec soi-même. Comme je n’ai aucune patience, je peins très vite et, contrairement à l’huile, l’acrylique permet cette urgence dans la peinture qui me correspond parfaitement. Lorsque je prends les pinceaux, je suis dans un état de stress comparable à celui qui est le mien lorsque je monte sur scène. C’est un sentiment étrange mais nécessaire.

Ce stress est-il une source de motivation pour tirer le meilleur de vous-même que ce soit sur scène ou devant votre chevalet ?

Oui, je le pense. C’est stimulant. J’ai récemment emmené ma fille de six ans au conservatoire pour quelle choisisse un instrument et j’ai été frappée de voir un professeur de violon jouer assis, les jambes croisées. Moi qui vénère le violon, j’ai trouvé non seulement qu’il jouait mal mais j’ai été attristée par le fait que, parce qu’il s’adressait à un enfant, ce professeur avait perdu sa motivation, l’envie de donner le meilleur. Les enfants qui sont très poreux ont besoin de sentir quelqu’un d’investi, qui se met la pression. C’est la même chose quand on monte sur scène, on doit se sentir investi par quelque chose sinon, autant rester chez soi ! Je n’aime pas cette idée de traiter les publics différemment et se dire que parce qu’il s’agît d’un enfant, on va mal jouer ou alors jouer en dilettante.

Le musicien a donc besoin de se mettre en danger pour rester créatif ?!

Sans aucun doute ! Je n’aime pas parler de zone de confort ou d’inconfort mais le sentiment de danger est tout autant inconfortable qu’il est plein de richesse. Ce qui nous attire nous fait très peur et il y a un va-et-vient permanent entre le côté pile et le côté face d’une même pièce.

Vous avez, il me semble, pas mal écouté Radiohead avant la composition de votre album « Uncaged ». Qu’est-ce qui vous plait tant dans l’univers sonore si particulier de ce groupe ? Cette mise en danger permanente, ce renouveau à chaque album ?

C’est un monde du rock qui m’est totalement étranger et qui me passionne. C’est une approche sonore si riche, si fascinante, beaucoup plus écrite, pensée aussi. Dans l’improvisation du jazz, on peut se perdre, perdre le fil même si l’improvisation provoque quelque chose de très organique dans la musique.

L’improvisation, clé de voute du jazz, est, pour le coup, une mise en danger permanente ?!

Oui, mais il faut garder en tête l’idée de départ du morceau. En studio, par exemple, on appréhende le danger différemment que sur scène et c’est d’ailleurs pour cela que les première prises sont souvent les meilleures. Les suivantes, on va peut-être mieux faire, mais on sera forcément dans la répétition et, en musique, la répétition n’est jamais bonne. On perd alors notre intention première.

Vous aimez la spontanéité de la musique ?!

Oui et c’est la chance que l’on a dans cette musique qu’est le jazz. D’ailleurs, on entend quand une personne récite, ça sonne faux !

Un peu comme au théâtre entre un acteur qui récite son texte et un autre qui le vit ?!

Certainement, même si je ne sais pas comment font les acteurs pour dire et redire la même chose tout en restant dans la justesse. C’est prodigieux !

Votre jeu semble empli du concept « less is more » dont était adepte le guitariste Jim Hall.  Exprimer un sentiment en un minimum de notes est-il pour vous le meilleur moyen de toujours privilégier le fond à la forme ?

Comme j’ai commencé le saxophone très tard, à 19 ans, quand j’étais devant d’autres saxophonistes, j’avais l’impression de ne pas avoir le niveau. Disons que j’ai fait d’un défaut une qualité. Comme je ne pouvais pas rivaliser, il a fallu que je trouve un autre moyen d’expression. D’ailleurs, je vois la musique comme un moyen d’expression beaucoup plus que comme quelque chose qui serait de l’ordre de la maîtrise technique. Je prends un chemin de traverse ce qui donne forcément autre chose musicalement. En musique comme en tout, il faut se surprendre. C’est essentiel de se perdre en chemin, d’arriver là où on ne pensait pas aller. Le jazz, par son improvisation, permet de nous surprendre, ce qui est très enrichissant. Avec le jazz, on a cette possibilité merveilleuse de déconstruire pour reconstruire.

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Vers l’âge de 17 ans, vous abandonnez vos velléités musicales pour vous focaliser sur les études et une classe prépa. Qu’est-ce qui vous a fait finalement revenir à vos premières amours, vous inscrivant au Centre d’Information Musicale à Paris ? 

Le jazz était plus fort que tout ! À 14 ans, j’étais la mascotte d’un groupe de jazz de musiciens beaucoup plus âgés que moi qui jouaient dans les bars bretons. Dès le départ, j’ai été profondément touchée par cette musique, sans m’en expliquer la raison et c’est ça que je trouve génial. Quand on est touché par la grâce de cette musique, je crois que c’est indélébile. À 17 ans, j’étais un peu aigrie et il fallait que l’amour de la musique revienne. Je suis montée à Paris après une année de prépa pour faire une école bidon qui était censée préparer aux métiers du spectacle. J’ai demandé à faire un stage au Festival de jazz de Vannes. Pour se faire, j’ai eu une personne responsable du festival au téléphone pour lui présenter ma candidature. Cette dame, que j’aimerais beaucoup rencontrer, m’a gardée une demi-heure au téléphone et, à la fin de notre conversation, elle m’a dit qu’il fallait que je fasse de la musique. On devait être en mai ou en juin. Trois mois plus tard, j’avais repris mon saxophone et m’étais inscrite au CIM. Parfois, on a besoin d’entendre des mots, un diagnostic d’une personne totalement extérieure. Cette dame, sans le savoir, a eu un impact incroyable sur ma carrière, ma vie. Je crois que l’on a très peur de ce que l’on aime, de ce que l’on désire et j’ai donc dû m’éloigner de la musique pour mieux y revenir.

Avec « Time For Love » sorti en 2018, vous rendez hommage à des icônes que sont Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Shirley Horn ou encore Joni Mitchell. Vous mesurez à la voix humaine était tout autant un rêve qu’un véritable défi ?!

Je ne me sens pas frustrée de ne pas chanter, mais frustrée de la capacité d’évocation de la voix humaine dont on ne fait que se rapprocher avec un instrument. Outre les mots, les gens sont forcément touchés par la voix, cet idéal vers lequel on tend.

Sophie Alour en concert

le 8 août festival de Cagliari en Sardaigne
le 21 août : festival des cinq Continents (marseille)
le 11 septembre La Villette avec le Big Band de Christophe Dal Sasso (paris)
le 13 septembre: PArc Floral (paris)
le 22 septembre: La défense (paris)
15 octobre jazz sur son 31
24 octobre les Aprem jazz de Quimper
25 octobre L’estran à Guidel
le 14 novembre : D’jazz Nevers

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