Célimène Daudet, l’hymne à l’amour

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Après des albums hauts en couleurs consacrés aux œuvres de Debussy, Messiaen, Bach, Liszt ou Scriabine, Célimène Daudet nous ouvre son cœur pour un retour aux sources chargé d’émotion. Avec « Haïti mon amour », les partitions s’érigent en déclarations enflammées. Les touches blanches et noires de son instrument, parfaites analogies à la dualité de ses propres racines, sont, pour la musicienne, l’occasion de délicieusement nous immerger dans une culture haïtienne dont on se plait à découvrir, entre-autre, le trop méconnu « Chopin noir » Ludovic Lamothe et ses œuvres aux inspirations romantiques. Loin du répertoire « classique », Célimène Daudet écrit une page de poésie musicale amoureuse où culture et art se mêlent avec un égal bonheur. Île en vue !

« La musique, c’est l’impalpable, l’éphémère, l’art de l’instant. »

Retrouvez le site de la pianiste Célimène Daudet

De votre album consacré aux préludes de Debussy et Messiaen à « Messe noire » où Liszt et Scriabine sont à l’honneur, vos albums semblent guidés par la couleur. La couleur est-elle l’élément essentiel sur lequel vous êtes polarisée dans votre interprétation, au-delà du texte ?

Il est vrai que la notion de couleur et les mondes de couleurs que l’on peut entendre dans certaines œuvres m’ont toujours fascinée, comme cette idée d’ouvrir une palette infiniment colorée. Vous me parliez de mes disques consacrés aux préludes de Debussy, Messiaen ou bien encore Liszt et Debussy ; Il est vrai que chez ces compositeurs, la notion de couleur est primordiale. C’est du texte qu’elles émergent, grâce aux harmonies riches proposées, à la manière de mettre en espace les sons, à la façon d’utiliser la pédale du piano… Tout cela permet de faire naître ce formidable univers. Je parle bien évidemment de couleurs sonores et non picturales. J’y entends également des matières, des textures sonores, une infinie possibilité de dégradés… C’est d’ailleurs totalement lié à la pièce et à son architecture puisque je ne conçois pas les couleurs comme étant une succession de choses aussi belles soient elles mais comme prises dans un tout ; Un peu telle une sorte de métamorphose permanente de la matière, un ensemble qui serait totalement organique.

Toujours dans ce registre de la couleur, vous dites avoir des souvenirs de tableaux haïtiens décorant les murs de votre chambre de petite fille. Pensez-vous que ce monde pictural de votre enfance ait influencé votre capacité à aborder les couleurs en musique vous conférant, tel Messiaen, un don de synesthésie ?

Je ne pense pas être dotée de ce fameux don de synesthésie que possédait Messiaen et n’associe pas forcément un son à une couleur matérialisée. Comme ce sont des univers, des textures, il est assez difficile de mettre cela en mots puisque nous sommes là dans le registre de l’auditif. En revanche, il est vrai que les tableaux qui se trouvaient dans ma chambre d’enfant et dans lesquels je me perdais dans l’imaginaire et les rêves m’ont permis d’entretenir un lien fort avec la culture haïtienne qui est une partie de mon histoire, Haïti étant le pays d’origine de ma mère. Les tableaux colorés, qui étaient finalement mes seuls liens avec cette île lorsque j’étais enfant, ont eu pour vertu d’éveiller en moi une forme de curiosité vis-à-vis de cette culture que j’ai donc eu envie de découvrir.

Photo : Christophe Berlet

Pour aller au plus près de cette culture justement, vous avez créé, depuis 2017, le Haïti piano Project, un festival où se mêlent concerts et ateliers musicaux pour les enfants… Cette rencontre avec le public tout autant qu’avec des artistes haïtiens a-t-elle été le point de départ de votre volonté à poursuivre l’aventure en rendant hommage aux compositeurs de votre pays d’origine, leur consacrant ce nouvel album, « Haïti mon amour » ?

Cet album est avant tout, comme vous le dites, un hommage. Ensuite, c’est le souhait de partager avec le plus grand nombre de personnes des partitions que j’ai pu découvrir au gré de mes voyages en Haïti et des rencontres faites sur place. On m’y a offert des partitions qui m’ont incitée à réaliser des recherches. Là, j’ai découvert de véritables pépites musicales par le biais, entre autres, d’une association canadienne qui se charge de récolter les partitions oubliées de la musique haïtienne. Petit à petit, j’ai plongé dans un univers totalement nouveau, celui des compositeurs haïtiens de la fin du XIX e et du début du XX e siècles, répertoire qui regorge de choses magnifiques oubliées ou tout simplement inconnues. Est né en moi ce désir de mettre en valeur tout autant l’œuvre que le récit qu’elle porte. On parle souvent des peintres ou des écrivains haïtiens, mais les compositeurs sont injustement méconnus et je me suis sentie ce devoir de promouvoir cette culture musicale haïtienne hors de ses propres frontières. Jouer des compositeurs de cette île me permettait d’interroger également sur le fait que ces partitions étaient le fait d’une minorité, en l’occurrence des compositeurs noirs rarement mis en valeur dans la littérature pianistique. Cela est donc l’occasion de remettre en perspective des éléments historiques qui sont liés à notre histoire commune, celle de la colonisation, de la décolonisation, des relations entre la France et ses anciennes colonies, de la francophonie… Ce sont là des choses qui, grâce à l’art, en l’occurrence ici la musique, peuvent être réinterrogées, questionnées et nous permettent d’aller un peu plus loin dans notre vision de l’histoire de la musique.

Parmi ces compositeurs haïtiens, on retrouve Ludovic Lamothe, surnommé le « Chopin noir », et dont les compositions sont en effet emplies de romantisme. Comment avez-vous découvert ce compositeur et êtes-vous entrée dans ses œuvres ?

Je l’ai découvert grâce au pianiste haïtien David Bontemps que j’avais invité à mon festival et qui, pour l’occasion, avait joué des œuvres de Ludovic Lamothe. J’avais trouvé ces pièces magnifiques avec l’influence de Chopin qui est certes très présente mais qui se voit combinée à quelque chose de très personnel, une sorte de métissage entre l’influence de la musique classique occidentale et cette capacité à faire chanter son piano avec ce bel canto propre à Chopin doublé d’une approche rythmique qui n’est pas sans rappeler la musique traditionnelle haïtienne et ce balancement typique des danses de l’île. Il y a dans la musique de Ludovic Lamothe une véritable rencontre entre deux mondes.

Cliquez sur l’image pour commander le merveilleux album de Célimène Daudet, « Haïti, mon amour » Photo Aurélien Héraud

Savoir dans quel contexte a été composée une œuvre, à quel moment de la vie du compositeur elle correspond, connaître le contexte social, culturel, historique dans lequel l’œuvre a été créée… Sont-ce là autant d’éléments essentiels dans lesquels vous aimez vous plonger avant d’aborder une œuvre justement et qui, de fait, pour cet album, vous a permis de vous immerger dans la culture haïtienne ?

Lorsque je découvre une œuvre, je suis en premier lieu happée par la musique en elle-même. Il y a donc des œuvres qui me parlent immédiatement et auxquelles je suis sensible. C’est une attirance instinctive qui me fait vibrer sans que j’en sache réellement la raison. Ensuite, lorsqu’une œuvre me parle, j’ai envie d’en connaître davantage. Plus je la travaille et plus j’ai envie effectivement de découvrir le contexte dans lequel elle a été écrite, qui est le compositeur, ce qu’a été sa vie… Dans le cas du disque « Haïti mon amour », cela était encore plus présent du fait que je ne connaissais absolument rien des compositeurs, de leur histoire et que c’est d’abord leur musique qui m’a touchée. J’ai donc cherché à savoir qui ils étaient, ce qui m’a permis d’apprendre énormément de choses sur leur vie et la relation qu’ils entretenaient avec la France puisque, pour la plupart, ils étaient venus se former au Conservatoire de Paris. Une fois leur cursus terminé, ils étaient rentrés en Haïti, ayant à cœur de composer une musique qui soit inspirée de leur expérience au conservatoire tout en y intégrant leur culture, leurs racines. On évoquait le contexte dans lequel les œuvres ont été écrites et là, sur mon disque, il est à noter que certaines ont été composées lors de l’occupation américaine en Haïti qui a débuté en 1915. On sait que ces œuvres, qui s’appellent notamment « Les meringues » et sont des danses populaires, ont été écrites pour signifier que l’on résistait à l’occupation. C’était donc là un fort marqueur identitaire, un acte de résistance.

On sait que les maisons de disques, les organisateurs de concerts, sont peu enclins à prendre des risques concernant les choix musicaux qui sortent finalement peu des sentiers battus. Vous a-t-il fallu faire preuve de persévérance pour imposer ce projet « Haïti mon amour » avec des compositeurs tels Edmond Saintonge qui, forcément, aux oreilles des mélomanes, raisonnent moins que Debussy ou Liszt ?

Il est vrai que les compositeurs haïtiens raisonnent moins que Debussy ou Liszt et que cela peut donc être considéré comme une certaine prise de risques. Heureusement, j’ai la chance d’avoir une maison de disques, « NoMadMusic », à l’esprit aventureux et qui accompagne vraiment ses artistes. J’ai donc été totalement suivie et épaulée dans ce projet personnel et original et qui, au-delà de la musique haïtienne qui mérite d’être reconnue, racontait quelque chose avec un récit culturel fort. Une véritable histoire de rencontre, de métissage et d’imprégnation culturelle entre la France et Haïti. Le message que portait cet album a tout de suite été entendu par ma maison de disques. C’est d’ailleurs un programme que j’ai eu l’occasion de jouer en France où il existe heureusement des programmateurs ouverts d’esprit, prêts à prendre des « risques » et à faire le pari que le public aussi peut avoir envie de découvrir des musiques qui sortent un peu des sentiers battus. J’espère que ce disque permettra au public de s’ouvrir à ces œuvres et qu’il aura envie de les écouter en concert ou de les jouer à la maison pour celles et ceux qui pratiquent le piano. Je pars du principe qu’il faut prendre le risque lorsque l’on a la conviction qu’il s’agit d’une musique qui se doit d’être partagée même si, effectivement, ce sont des compositeurs moins connus que Chopin, Debussy ou Ravel.

Photo : Eric Dessons

Le disque correspond à un instant donné de votre vie, une image figée. Etiez-vous, pour cet enregistrement de « Haïti mon amour », dans un état d’esprit particulier avec une charge émotionnelle peut-être plus forte encore que lors de l’enregistrement de vos précédents albums en raison du rapport amoureux comme l’indique le titre de l’album entre vous et ce projet ?

Je pense être toujours à peu près dans le même état d’esprit pour chacun de mes disques car l’enregistrement est quand même quelque chose de très spécial. Graver des œuvres est presque contre nature. La musique, c’est l’impalpable, l’éphémère, l’art de l’instant. Le disque, c’est l’inverse de cela. On fige un moment pour l’éternité telle une sorte de photographie. Je suis donc dans un état particulier car il faut trouver l’élan, le souffle nécessaire, un peu comme c’est le cas en concert, mais sans public. Maintenant, pour ce disque, ce qui était particulier, c’est que je me sentais presque en mission, désireuse de contribuer à faire rayonner des compositeurs oubliés. Je me sentais donc investie d’une responsabilité vis-à-vis de la culture haïtienne, messagère d’artistes qui ne sont pas joués en France.

Et ce côté « mission » n’inhibe pas quelque peu au moment de l’enregistrement ?

Non, au contraire ! J’avais très envie d’enregistrer ce disque. Une envie de donner, de partager, de communiquer quelque chose. La conviction que cette musique haïtienne doit être entendue m’a énormément portée pendant l’enregistrement.  

Cet album, au-delà de la musique, était-il également une volonté de participer à modifier cette image d’Epinal d’Haïti, première République noire et, au-delà des clichés, montrer la fierté, la dignité du peuple haïtien à toujours se tenir droit ?

Modifier l’image d’Haïti, je n’irais pas jusque-là mais contribuer à montrer que les haïtiens sont un peuple extrêmement créatif, oui. J’avais le souhait de mettre en exergue le côté artistique de ce peuple. Lorsque l’on est en Haïti, on est par exemple frappé par les gens qui spontanément dansent, écrivent, déclament de la poésie… L’art fait partie de la vie de l’île. C’est là-bas le moyen premier d’expression et donc un aspect que j’ai souhaité mettre en avant au-delà de ce dont on entend parler dans les médias et qui se résume aux catastrophes naturelles, aux difficultés politiques et sociales. Il me semblait important de montrer qu’Haïti c’est aussi autre chose ! Un peuple extrêmement créatif par exemple.

Photo : Christophe Berlet

Vous êtes parvenue, après moult démarches administratives, à faire venir dans un conservatoire de musique français un jeune violoniste haïtien afin de lui donner toutes les chances de pouvoir mettre à profit son talent. Pouvez-vous nous parler de cette belle rencontre après un concert donné justement en Haïti ?  

C’est l’histoire d’un jeune garçon qui se prénomme Ishel et qui est venu me voir après un concert que je donnais effectivement en Haïti avec le violoniste français Guillaume Latour. Ishel était âgé de treize ans à l’époque et il faisait preuve d’une envie incroyable, désireux de jouer devant nous. Malheureusement, pour des questions de temps et de logistique, nous n’avons pu prendre le temps nécessaire pour l’écouter à la fin de notre concert. Sa demande est pourtant restée gravée dans un coin de ma tête et l’année suivante, lorsque nous sommes à nouveau venus pour le festival, je l’ai recontacté pour qu’il vienne nous jouer quelque chose. J’avais organisé une master-classe pour les jeunes violonistes. Nous avons été sidérés par son talent. C’est un garçon qui a appris le violon auprès d’un professeur en Haïti mais qui a vite été limité par l’enseignement proposé dans le pays. Je me suis donc dit qu’il fallait l’aider, le soutenir. J’ai œuvré longtemps auprès des administrations pour lui obtenir un visa. J‘ai ensuite trouvé à Ishel une place au Conservatoire d’Aix-en-Provence et, petit à petit, d’autres personnes se sont impliquées dans ce beau projet. Il est maintenant en France depuis deux ans et progresse à toute vitesse, puisqu’extrêmement investi. Ishel a su saisir sa chance. C’est sa victoire et, si j’ai pu contribuer à l’aider au départ, j’en suis très heureuse. Il suffit parfois de pas grand-chose pour faire éclore de merveilleux talents.

En musique et plus encore en musique classique, on parle des notes, du texte. Faut-il justement dans l’interprétation être attentif à l’espace entre les notes, à la résonance apportée par les silences ?

Pour moi, ce qui se joue entre les notes est peut-être plus essentiel encore que les notes en elles-mêmes. Ainsi, pour conduire, guider une phrase musicale, tout dépend de la manière dont on écoute ce qu’il se passe entre les sons, la façon dont on va d’un son à un autre, l’espace que l’on crée entre eux… Le piano est un instrument passionnant à ce niveau car il est impossible de modifier un son une fois produit. On ne peut pas le soutenir, le faire vibrer. On est contraint en quelque sorte de le laisser mourir avant de s’attaquer au suivant. Du coup, la manière d’aller d’un son à un autre et d’écouter l’entre notes va donner l’impression que ces sons évoluent. Nous, pianistes, possédons quand même cette invention fabuleuse qu’est la pédale dont on ne parle pas assez mais qui est un peu notre troisième main. Elle permet de créer des résonnances extrêmement variées et multiples. La musique nait dans le silence et s’y prolonge avec cette idée que ce silence fait partie intégrante du discours musical.

Photo : Christophe Berlet

Chez Debussy ou Messiaen, là où le texte est très précis, comment parvient-on à s’approprier la partition pour y apporter sa propre vision, son interprétation ?

Il est vrai que, particulièrement chez Debussy, le texte est d’une précision incroyable. Cela en est presque déstabilisant. On y découvre une partition où sur chaque note figure une indication. J’ai l’impression que ces indications, aussi précises soient-elles, peuvent pourtant être interprétées d’autant de manières qu’il y a de pianistes. Au lieu d’être des indications restrictives, elles invitent à laisser son propre imaginaire se déployer. Il y a une possibilité infinie d’interpréter un accent ou un trait chez Debussy. Ce qui fait que l’on s’approprie une œuvre, c’est un peu le mystère de l’évolution de la musique qui grandit en nous, avec le temps.  Laisser le temps à l’œuvre de devenir un peu la nôtre, comme si nous l’écrivions. C’est en cela à mon sens que réside l’idée de s’approprier une œuvre. Il faut avoir tellement digéré un texte et ses indications que finalement on ne les entend quasiment plus. Le but n’est pas de faire une interprétation didactique dans laquelle on décèlerait toutes les indications mais que ces indications aient un sens et portent un discours musical. Ainsi, elles disparaissent au profit de la musique.

Les préludes de Debussy, c’est un monde d’évocation, une porte ouverte sur le rêve. Est-ce parce que ceux composés par Olivier Messiaen peuvent s’inscrire comme une réponse aux préludes de Debussy que vous avez eu l’envie de les confronter dans un album telle une sorte de main tendue entre leurs deux mondes aux couleurs assez proches, une filiation imaginaire comme vous le dites dans le livret du disque ?

Il y a vraiment quelque chose de commun entre ces deux univers. Les préludes de Debussy sont des œuvres tardives du compositeur et les préludes de Messiaen des œuvres de jeunesse. On sait que le jeune Messiaen était fasciné par l’univers de Debussy. Je trouvais que ce format de « Préludes » qui sont des pièces très brèves, très imagées, colorées et nous emmènent tout de suite dans un univers singulier est un constat que l’on fait chez ces deux compositeurs. On y retrouve également une manière quelque peu similaire de traiter le clavier, de gérer l’espace sonore et ainsi, de créer des résonnances, de jouer avec le silence. Cela nous emporte vers des univers parfois fantastiques, fantasmés, fantasmagoriques… Il y avait là nombre de similitudes entre Debussy et Messiaen qui méritaient d’être mises en miroir.

Alexandre Tharaud me disait qu’il était presque dans une relation de couple avec son piano, avec ses hauts, ses bas, ses disputes, ses retrouvailles… Quel rapport entretenez-vous avec votre instrument ?

Comme dans toute relation, je dirais que c’est en évolution permanente, par phases. J’ai eu des périodes passionnelles avec mon instrument où je passais des heures à le travailler. D’autres plus distantes. C’est un perpétuel renouvellement dont j’ai besoin car, dans ce métier, la routine peut, comme dans toute relation, tuer le désir. Même si cela m’arrive heureusement assez fréquemment, je ne travaille le piano que lorsque j’en ai envie. Le besoin, l’envie presque charnelle de me mettre au piano est un moteur essentiel pour avancer. Travailler sans envie est chez moi complètement inefficace. J’ai également appris à travailler sur partitions, dans ma tête avec une forme d’écoute intérieure… Bref hors du piano, ce qui contribue à expliquer cette relation parfois quelque peu distante que j’entretiens avec l’instrument.  

Si vous deviez inviter un néophyte à découvrir le piano dans la musique classique, vers quelles œuvres le dirigeriez-vous ?

J’aurais tendance à aller vers les œuvres qui m’ont émue lorsque j’étais enfant. La première qui m’a vraiment embarquée, c’est le second concerto pour piano de Brahms dans la version de Claudio Arrau. Cette puissance, cette grandeur, cette noblesse entre le piano et l’orchestre est telle que cela m’a totalement fait vibrer. C’est un peu ma madeleine de Proust que j’aimerais partager en espérant qu’elle puisse toucher celles et ceux qui l’écouteront autant que moi j’ai pu l’être.

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