Antoine Brizard, Tesla fait peau neuve ! (épisode 2)

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Faire d’une Tesla un joyau dans son écrin, un exemplaire unique, divine vitrine roulante d’un savoir-faire français qui excelle dans la sellerie comme dans la broderie, c’est le challenge que s’est fixé Antoine Brizzard, co-gérant de l’entreprise située au cœur de Reims, Sublim Brodeurs. Avant de retirer le volant qui doit être, à la main, gainé de cuir et en espérant que cette opération ne bloque pas tout l’électronique dont est bourré ce vaisseau terrestre à quatre roues qu’est la Tesla, Antoine nous parle de l’avancement de la cave à Champagne, de la réflexion d’ajouter au véhicule une cave à cigares ou du choix d’avoir délaissé la peau de crocodile trop tape à l’oeil pour un autre cuir qui reste à définir.


« S’il n’y a pas cette étincelle chez les gens en ouvrant la porte de la Tesla, c’est que j’aurai râté le projet et ça sera de ma faute ! »




Vous avez aujourd’hui démonté la voiture, quelles ont été les surprises rencontrées ?

Il n’y a pas eu de mauvaises surprises car nous ne sommes pas allés au bout de ce qui était prévu au niveau du planning, notamment en ce qui concerne le démontage du volant, partie qui nous angoisse un peu. On a en effet peur que, dans cette opération, la voiture ne fasse un peu le sapin de Noël et ne se bloque. Afin d’anticiper ce problème, j’ai le contact d’une personne qui connaît très bien Tesla et qui a travaillé sur de nombreux modèles mais, pour l’instant, nous ne parvenons pas à la joindre. Nous avons démonté une bonne partie de la structure de la voiture quand même et, pour l’instant, il n’y a pas eu de problèmes majeurs rencontrés. Il y a simplement des pièces que l’on pensait pouvoir gainer et, comme cela s’avère impossible, on va devoir les envoyer en peinture. Inversement d’autres pièces seront finalement gainées de cuir. Les jantes, elles, comme prévu, seront gainées et ça ne sera pas une mince affaire. Avant la pose du gainage, il faut en effet égrener, éclater la peinture et les différentes couches de laque qui se trouvent sur les jantes. Le souci, surtout, c’est le temps ! Comme en cette période post Covid, on s’est fait un peu rattraper par nos clients, il est compliqué d’honorer nos commandes tout en menant de front ce projet Tesla.

Une Tesla, c’est quand même une voiture bourrée d’électronique. Comment parvient-on à démonter la voiture sans que cela n’ait de fâcheuses incidences sur le « vaisseau spatial » qu’est ce véhicule ?

On avait peur concernant les airbags mais le sellier a réussi à déjouer les quelques soucis qu’on aurait pu avoir sur ce sujet. Après, comme je le disais, pour le volant, comme pas un seul ne se déconnecte de la même façon, c’est un exercice qui s’annonce vraiment périlleux. Ce volant sera une pièce faite totalement à la main dans la plus pure tradition de la haute-couture. On croise les doigts pour que, lors de cette opération, tout se passe bien !

Du rêve à la réalité…

Où en es-tu de l’avancement du projet de cave à champagne dans le coffre avant de la voiture ?

Le problème va être pris à l’envers en fait. On a sélectionné une bouteille tout à fait exceptionnelle qui ressemble un peu au projet de la voiture. Stanislas Bonafé, dirigeant de la société de Champagne Comtesse de Cerhes, a créé le plus beau flacon que l’on puisse imaginer, réussissant à réunir des savoir-faire incroyables dans cette bouteille. C’est un prototype, comme le sera notre Tesla nouvelle peau et, tant que je n’ai pas vu la bouteille, je ne peux pas encore dessiner pour lui offrir son écrin. Le fait que la cave soit réfrigérée, je l’ai dans la tête mais il faut vraiment attendre d’avoir dans les mains le flacon incroyable qui sera composé de verre gravé pour s’en inspirer. Cette bouteille numérotée s’annonce comme la plus belle qui sera disponible sur le marché avec, ce qui ne gâche rien, à l’intérieur un Champagne d’exception. On a vraiment hâte d’avoir la bouteille pour commencer à dessiner et savoir comment l’intégrer au mieux dans le coffre avant.

Comme je suis amateur de cigares je t’avais soumis l’idée d’une cave à cigares dans la voiture. Tu as pu avancer sur ce point ?

Je tiens à te remercier car c’est vrai que c’est ton idée, ce qui prouve qu’il est toujours intéressant de partager ses projets. J’ai commencé tout doucement et, lors d’un repas ce week-end, on m’a donné le contact d’une personne sur Paris qui réalise des caves à cigares sur mesure, du coup je l’ai appelée. On est restés pas mal de temps au téléphone et j’ai eu son expertise. J’avoue que l’idée me tente bien. Il m’a parlé du bois qui était nécessaire à la cave, à savoir le cèdre, de l’hygrométrie… J’apprends et j’avance là-dessus, domaine dans lequel je suis, je l’avoue, totalement novice. Il me faut donc parfaire cette connaissance, m’imprégner du monde et des codes du cigare pour l’intégrer au mieux dans ce projet Tesla. Ce qui est sûr, c’est que l’on se retrouve vraiment là dans les codes de notre voiture : le luxe, les spiritueux, les cigares… Notre Directeur Artistique pense lui aussi que c’est une très bonne idée. Après, reste à savoir si l’on met la cave à cigares dans l’habitacle de la voiture ou dans le coffre à côté du Champagne. La question est à l’étude!

On ouvre l’antre de la bête !

Le projet est donc encore en phase d’évolution ?!

Tout à fait. À l’heure où je te parle, on aurait dû monter un siège que l’on avait pré dessiner afin de voir si cela matchait avec l’idée que l’on se faisait du projet dans sa globalité, de l’image que l’on souhaite véhiculer. Mais nous avons pris du retard là-dessus.

As-tu déjà rencontré des problèmes spécifiques auxquels tu ne t’attendais pas (problèmes liés à la confidentialité que doivent respecter tes partenaires, grand écart entre le projet papier et une réalisation qui s’annonce bien plus complexe que prévue…) ?

Sur la confidentialité non. Les gens sont très professionnels et nous font entièrement confiance sur le fait que l’on préserve leur anonymat, anonymat lié au fait qu’ils travaillent pour de grandes maisons de luxe. Sur la broderie, par contre, on a connu un petit souci. Nous étions partis avec l’idée d’utiliser des peaux de crocodiles pour l’intérieur de la voiture et, par rapport aux technologies assez futuristes de broderie que je souhaite utiliser, cela ne collait pas du tout avec le croco. J’ai donc dû faire machine arrière. Aujourd’hui, la technique de broderie que j’ai repensée est finalement au point mais le crocodile ne colle pas du tout avec l’esprit que je veux donner à la voiture. Cela fait vraiment too much! On voulait apporter un luxe tout en restant classe et là, ce n’est pas le cas. On avance, on recule… C’est encore en perpétuelle évolution. Même si le croco ne fonctionne pas pour le projet Tesla, ça nous donne quand même de très belles idées pour d’autres choses et ça, c’est très motivant. À chaque fois que l’on fait des recherches, des tests, ce n’est jamais du travail perdu. On apprend et se planter, ça fait partie du processus de création.

Pour celles et ceux qui doivent participer à ce projet d’envergure à visage masqué, n’est-ce pas un peu frustrant ?

Ce sont des gens qui n’ont pas besoin de moi pour vivre, ils sont reconnus par tous dans le milieu du luxe donc non, ça ne les frustre pas. Ils sont heureux de participer au projet, de prendre le temps, sans contraintes. Après, lorsque la voiture sera terminée, effectivement, je ne sais pas comment ils vont le ressentir.

J’veux du cuir !

Tu fais un point régulier avec les différents intervenants sur le projet, une sorte de brainstorming hebdomadaire ?

En fait, c’est très simple ; J’ai créé un groupe WhatsApp « projet Tesla » et chacun met des news, propose, demande des conseils, échange. Après, lorsque j’ai besoin de choses un peu plus précises, j’appelle. Là, par exemple, on doit démonter la commode centrale pour l’apporter chez le marketeur. Cela se fait de manière assez naturelle, sans réunion imposée car, tout simplement, ce n’est pas l’ambiance du projet.

Parviens-tu déjà à visualiser à quoi ressemblera la Tesla une fois terminée ou est-ce encore trop tôt ?

Je me projette depuis le premier jour, même si, au fil des jours, mes projections changent. Après, j’ai des attentes qui, dans ma tête, sont assez folles. Comme je ne veux pas être déçu, je prends bien mon temps, fermant toutes les portes qu’il faut fermer pour que le résultat final soit vraiment à la hauteur de mes espérances. J’y pense tous les jours et, pour l’instant, ça prend un bon chemin. J’espère que cela plaira au public et qu’il comprendra l’entendu du travail qui a été réalisé. Ma plus grosse angoisse, c’est qu’on ne comprenne pas. S’il n’y a pas cette étincelle chez les gens en ouvrant la porte de la Tesla, c’est que j’aurai raté le projet et ça sera de ma faute !

Peau neuve pour la Tesla !

Le garage Tesla à qui tu as acheté la voiture qui, au départ, devait être ta voiture de fonction, est-il au courant du projet ?

Le garage non, car, ta Tesla, tu la commandes sur Internet en choisissant simplement le point de vente où tu vas la récupérer. Il n’y a donc pas de garage ou de concession disons officielle. J’avais rencontré les gens de Tesla France à qui j’avais expliqué le projet. Ils sont donc au courant, mais pas plus que ça. On verra lorsque la voiture sera totalement terminée.

Prochaine étape ?

On va regarder si le premier siège répond à nos attentes au niveau cuir et broderie. Si c’est le cas, on enchaîne sur les autres. Ensuite, démontage du volant afin de l’apporter au maroquinier. J’espère avoir rapidement le prototype de la bouteille pour commencer à dessiner. Il faut si l’on n’intègre ou pas la cave à cigares à l’intérieur du véhicule. Il y a aussi le design des sacs que l’on doit mettre dans le coffre avant et assortis à la voiture.

On se retrouve au prochain épisode en espérant que la Tesla ne se transforme pas en sapin de Noël lorsque tu vas toucher au volant !

(rires) On va croiser les doigts !

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