Paul Montag, la grande évasion !

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« On Tour … Un titre évocateur, réminiscence d’un temps qui, depuis un an maintenant, s’est tu ; ce temps où les concerts ne se limitaient pas à de vagues souvenirs diffus, ceux du monde d’avant. « On Tour », c’est le dernier né du duo Paul Montag au piano et son ami et partenaire de jeu Raphaël Sévère à la clarinette, disque sur lequel souffle un vent de liberté ô combien salvateur en ces temps de confinement épisode 3. Une liberté que l’on retrouve sur le visuel de cette pochette comme dans le choix des œuvres, piqûre de rappel de leur programme donné outre-Atlantique, de Lutoslawski à Weiner, Bernstein ou encore cette magnifique pièce, « Entre les liens », signée Raphaël Sévère himself. Passé, entre autres, par l’enseignement de Marie-Josèphe Jude, Daria Hovora ou Christian Ivaldi, le sens du partage s’impose comme l’élément moteur de la carrière pianistique de Paul Montag dont le projet à venir avec la soprano Jeanne Gérard n’en sera à nouveau qu’une merveilleuse démonstration. Faites chauffer la Harley, on part en ballade !

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« Ce qui est sûr, c’est que certains festivals vont disparaître et que cette situation d’une musique quasiment à l’arrêt depuis un an, encore plus pour les étudiants, s’avère tout simplement atroce. »

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Vous venez de publier un disque « On Tour » en compagnie de votre partenaire de jeu et ami le clarinettiste, Raphaël Sévère que j’ai récemment interviewé et qui me disait concernant la situation actuelle : « « Boulanger, c’est essentiel ! Coiffeur, c’est essentiel ! Avocat, c’est essentiel ! Buraliste, c’est essentiel ! Mais musicien non, on n’en a pas besoin ! C’est aujourd’hui clairement le message que fait passer le gouvernement… » C’est ce sentiment d’abandon des musiciens que, depuis un an, vous ressentez également ?

On ne se sent effectivement pas vraiment soutenus actuellement et, même si l’on nous invite à imaginer de nouveaux modèles économiques comme le streaming par exemple, on a vraiment l’impression d’être sur un fil ténu. Après un an à se voir ainsi mis de côté, lésés, nous aimerions enfin avoir une vision claire de l’avenir et ce moment où, enfin, il sera à nouveau possible de reprendre nos activités « comme avant ». Il ne faut pas oublier que les musiciens ne sont pas tous, loin de là, intermittents et qu’ils se retrouvent donc aujourd’hui plongés dans une situation pour le moins compliquée et précaire.

Craignez-vous que les plaies engendrées par cette année blanche bien noire aient toutes les peines du monde à cicatriser surtout pour celles et ceux en fin d’études dans les conservatoires ou encore les petites structures qui ne bénéficient pas de subventions ?

Ce qui est sûr, c’est que certains festivals vont disparaître et que cette situation d’une musique quasiment à l’arrêt depuis un an, encore plus pour les étudiants, s’avère tout simplement atroce. Les élèves des conservatoires ne peuvent s’inscrire dans aucune projection, pas même par le biais de leurs professeurs qui, eux-mêmes concertistes, sont privés de scène. Les étudiants doivent composer entre cours en présentiel et cours en visio et cela leur pèse énormément. Je sens bien d’ailleurs auprès de mes étudiant une perte sensible de motivation.

Sur cet album « On Tour », on vous voit poser devant une grosse Harley au milieu d’une forêt ce qui a, en ces temps de pandémie, une résonance toute particulière. Le sentiment de liberté qui s’en dégage fait du bien dans une période où, justement, cette liberté est limitée à la portion congrue. Ce visuel, c’était un message intentionnel ?

C’est un mélange de tout cela. La première des raisons est que je suis motard et que je roule en Harley. La Harley, c’est l’image des États-Unis, des grands espaces et, étant franco-américain, il y avait donc là une logique pour Raphaël et moi qui sommes partis outre-Atlantique donner toute une série de concerts. Aujourd’hui, ce visuel revêt, comme vous le disiez, une résonance toute particulière dans un moment où l’on rêve de grands espaces et d’une liberté qui ne se limiterait pas à un rayon de dix kilomètres autour de chez nous. C’est un bol d’air essentiel dont on manque cruellement en ces temps difficiles.

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Cette liberté, on la retrouve également dans le choix des œuvres proposées, œuvres que vous avez beaucoup jouées aux États-Unis lors de vos concerts entre Lutoslawski, Weiner ou encore cette pièce « Entre les liens » signée Raphaël Sévère. On sait les maisons de disques et surtout les organisateurs de concerts assez frileux aux œuvres qui sortent ainsi des sentiers battus. Ce choix que vous avez opéré sur ce disque n’a t-il pas été trop difficile à faire accepter ?

Raphaël collabore avec la maison de disques Mirare depuis longtemps maintenant et ils nous ont vraiment soutenus dans ce projet et ce choix un peu hors des sentiers battus comme vous le mentionniez. L’idée de cet album était de prendre toutes les pièces qui nous plaisaient pour, sur disque, réaliser une sorte de récital idéal. Il convient d’ailleurs de noter que si certaines pièces peuvent paraître, sur le papier, quelque peu difficiles d’accès, il n’en est rien à l’écoute. Ce disque était aussi une occasion de montrer l’autre casquette de Raphaël Sévère, celle de compositeur avec cette pièce « Entre les Liens » que nous jouions souvent en bis de nos concerts.

Raphaël me disait d’ailleurs à ce sujet que si, souvent, les organisateurs de concerts étaient assez frileux pour proposer des œuvres moins connues du répertoire, le public était souvent quant à lui tout à fait réceptif comme avec cette pièce de Lutoslawski qui remporte à chaque fois un franc succès !

Tout à fait ! Je pense que l’on sous-estime le public de ce point de vue-là. Parce que le compositeur est moins connu, on s’imagine que l’œuvre ne sera pas comprise. C’est une erreur car contrairement à certains organisateurs, le public n’a pas d’à priori et réagit toujours positivement à une œuvre si elle est flamboyante et fait preuve d’une grande recherche sonore comme c’est le cas avec cette pièce de Lutoslawski par exemple. On pense à tort que certaines œuvres sont trop intellectuelles. Il serait peut-être bon de laisser l’opportunité aux instrumentistes de les présenter et de ne juger qu’en fonction du retour du public, sans idées préconçues.

Avec cette absence de perspectives que l’on évoquait, même si aujourd’hui on espère une reprise des concerts sous certaines conditions mi-mai, beaucoup de vos amis musiciens me disaient connaître une certaine démotivation quant à la pratique assidue de l’instrument. Comment avez-vous gardé le feu sacré pour travailler votre piano en cette sombre année ?

Cela s’est opéré en plusieurs étapes. Si je remonte au premier confinement, au mois de mars il y a un an, je m’amusais tous les jours à enregistrer une « Invention » de Bach et, comme il y en a trente et que ce confinement épisode 1 devait durer un mois, c’était parfait ! Tous les jours, je postais une « Invention » sur les réseaux sociaux ce qui me permettait de garder une motivation et une relation, même virtuelle, avec le public. La situation était tout à fait nouvelle. Tout le monde vivait un moment incroyable au sens le plus littéral du terme avec cette pandémie et cette vie en vase clos. Avec l’été qui se profilait à l’horizon, nous musiciens avions quand même des projets à venir au milieu de toutes ces annulations. Ensuite, est venue l’automne. Les nouvelles annulations se sont enchaînées en cascade et je dois avouer qu’il est devenu très compliqué de travailler mon piano face à ce mur qui se dressait devant moi et ce grand point d’interrogation quant à savoir à quelle date reprendraient les concerts. Là, il a fallu me battre avec moi-même pour garder la foi en mon instrument, en la musique et continuer à avoir des idées. Je parle d’idées plus que de projets puisque l’on reste dans le flou sur le fait de pouvoir ou non les mener à bien.

Un projet, vous en avez quand même un à l’horizon avec la soprano Jeanne Gérard. Pouvez-vous nous parler de ce dont il s’agit ?

Nous allons jouer Jeanne Gérard et moi-même mais ce n’est pas à proprement parler un disque en duo. C’est un projet de disque autour de Nadia Boulanger sous la direction artistique d’Antoine Palloc. Il y aura le quatuor Agate, Johan Farjot et bien d’autres musiciens. Nous allons jouer les mélodies écrites pour piano/voix.

Le piano, quand il accompagne la voix, est-ce là une approche toute différente du son comme du jeu en comparaison à un disque purement instrumental où les instruments se répondent l’un l’autre ?

Je conçois le rapport du piano avec la voix, que ce soient les mélodies ou les lieder, comme de la musique de chambre. Je n’opère pas de différence entre l’instrument et la voix, qu’il s’agisse d’une soprano ou d’un baryton. Après, il faut toujours garder à l’esprit, lorsque l’on travaille avec un chanteur, que le piano est là pour soutenir la voix, pour la mettre en lumière. Notre patte sonore ne doit jamais passer au-dessus du chanteur et écraser la voix qui se retrouverait de fait au second plan. En général, si l’on réussit cette mission, cela nous amène à proposer forcément dans notre jeu quelque chose d’intéressant.

Soutenir ainsi la voix est un autre registre pianistique qui, je suppose, vous permet de faire évoluer votre jeu ?!

Entre jouer avec d’autres instruments et « accompagner » des chanteurs, je serais aujourd’hui bien incapable de choisir même si cela m’est un peu tombé dessus par hasard. Ce n’est en effet pas réellement quelque chose que j’avais en tête lorsque j’ai terminé mon cursus au Conservatoire national de Paris. J’ai découvert cet univers qui, tout de suite, m’a passionné et qui, selon moi, me nourrit en tant que concertiste. Les deux approches sont clairement des vases communicants. Lorsque l’on travaille avec un chanteur, cela permet de modifier son phrasé ou bien encore d’appréhender quelque peu différemment l’instrumentiste à vent par exemple. Les deux univers s’alimentent pour créer une forme de symbiose qui se ressent ensuite dans le jeu du pianiste.

Le son, le toucher sont certainement les éléments qui définissent le plus le pianiste de Horowitz à Richter, Cortot ou Kempff. Comment avez-vous façonné votre son ?

Évoquer autant de légendes du piano donne forcément des idées par rapport au son. Dans le son, il y a tout d’abord un aspect purement technique que je dois à mes différents professeurs. Ensuite, il y a à mon sens, un imaginaire sonore qu’il convient de se créer, le son absolu tel qu’on l’imagine. Normalement, avant de poser ses doigts sur le piano, on sait déjà ce que l’on veut entendre. En réfléchissant de la sorte, cela permet de construire une pièce d’abord de manière disons intellectuelle et de faire que le piano ne soit plus qu’un vecteur de ce son vers lequel on tend.

L’absolu est souvent une quête sans fin. Parvient-on justement à trouver dans sa vie de pianiste cette perfection sonore que l’on a en tête ?

On a le droit, de temps en temps, d’être content du son que l’on produit mais, effectivement, cette perfection s’avère quelque chose que l’on recherche toute sa vie durant. Il faut ajouter que le rapport au piano est quelque chose de très particulier puisqu’en concert, on n’a jamais le même instrument. Il nous faut donc composer avec ce qui nous est proposé. On doit en permanence s’adapter. Parfois, on tombe sur de divines surprises et, à d’autres moments, on doit faire face à des atrocités totales. Fort de ce paramètre, il nous faut donc néanmoins trouver notre son, d’où, à mon sens, l’importance primordiale d’y penser et de l’avoir en tête avant de jouer. Il ne faut surtout pas être bloqué par l’instrument que l’on nous met à disposition. Après, je crois que le concert parfait comme le son parfait sont des chimères qui n’existent pas ; et je dirais heureusement sinon, on ne pourrait continuer à travailler avec ce sentiment d’avoir atteint son but ultime.

Sur votre route pianistique, vous avez croisé, entre-autres, la route de Marie-Josèphe Jude, Christian Ivaldi, Paul Badura-Skoda ou Jean-Claude Pennetier. Le musicien est-il la somme de celles et ceux qui ont jalonné son parcours ?

Oui, clairement. Chaque personne que l’on a croisée dans son apprentissage et, plus largement, dans sa vie de pianiste, est importante pour le développement. Les professeurs vont être ceux qui vont nous aider lors de cette phase cruciale où l’on se construit. Puis, ensuite, dans son parcours de musicien, on va se nourrir des rencontres qui vont permettre d’éclairer notre chemin en de nombreux points. C’est donc la somme des toutes ces personnes qui, au fil des années, façonnent le musicien que l’on devient.

Jean-Claude Pennetier m’expliquait que « Lorsqu’un interprète nous rend un texte musical et que l’on a cette impression que chaque note est un mot qui nous parle et nous transmet un texte, c’est là une émotion ressentie extraordinaire. » Faire parler votre piano, est-ce également l’élément clé sur lequel vous vous focalisez lorsque vous interprétez une œuvre ?

C’est obligatoire. J’invite d’ailleurs souvent mes étudiants à penser le piano comme un chanteur. Il est selon moi primordial d’imaginer des paroles, des couleurs, des images, un tableau, une scène de film… Cela afin de faire chanter l’instrument comme s’il était une personne vivante ; ce qu’il est finalement. Il vit, il est avec nous et reçoit ce qu’on lui propose. Le piano, on se doit de l’écouter et de ne surtout pas le brusquer. Chanter intérieurement en jouant peut d’ailleurs s’avérer un exercice très utile et que je conseille.

Lorsque vous abordez une nouvelle œuvre justement, y a t-il, dans un premier temps, une approche instinctive avant d’entrer en profondeur dans le texte et les indications laissées par le compositeur ?

Il est important d’avoir toujours en soi ce côté que je qualifierais d’animal. On se trouve devant l’œuvre et, en se basant bien entendu sur les indications du compositeur, on essaye, on cherche. Lorsque l’on aborde une œuvre, il est important de le faire seul, d’oublier des références discographiques qui, forcément influenceront. On doit se confronter au texte que l’on a sous les yeux, avoir un contact direct pour trouver son propre chemin. Ensuite, bien sûr, on vérifie pour s’assurer que l’on a commis aucun contre-sens, une fois que l’instinct a parlé.

Aujourd’hui vous enseignez puisque vous êtes professeur de musique de chambre. Quels sont ces éléments clés que vous enseignez à vos élèves pour que l’interprétation sonne juste et ne tombe jamais dans le contre-sens avec l’œuvre jouée ?

La première chose que je leur dis, c’est d’avoir le respect du texte puisque, souvent, tout est là, indiqué par le compositeur même si l’on peut prendre, bien sûr, le contre-exemple de Bach. Après, j’évite d’imposer même si l’élève n’a pas la même vision de la pièce que moi et préfère guider ou conduire vers une solution. L’important est d’essayer plusieurs possibilités afin de choisir celle qui fonctionnera le mieux. Pour revenir sur les œuvres de Bach, il y a comme dans « Le clavier bien tempéré » de nombreux tempi possibles et il convient là de trouver celui qui, selon vous, s’avère le plus juste et correspond à ce qu’a voulu transmettre le compositeur. J’invite d’ailleurs mes étudiants à ne pas se focaliser sur la fausse note. Lorsque l’on parlait tout à l’heure des légendes du piano comme Cortot par exemple, immense pianiste et grand pédagogue, on s’aperçoit qu’il commettait parfois de petites erreurs, mais il faut garder en tête que le concert est quelque chose de vivant, qui n’est pas figé. Si l’on se bride et que l’on s’empêche, par peur de la fausse note, d’essayer des choses, de prendre des risques techniques ou musicaux, on peut passer à côté de son interprétation.

Dans certains enregistrements de Cortot, se glissent parfois quelques petites fausses notes sans que cela ne dénature en rien l’œuvre et l’âme magnifique de son interprétation ?

Tout à fait et l’on peut également citer Samson François et, plus largement, une grande partie des pianistes de la première partie du XX è siècle, ce qui d’ailleurs ne faisait qu’apporter à l’œuvre un petit supplément d’âme. Si ces pianistes sont, à juste titre, encore considérés comme des légendes, c’est qu’il a peut-être quelque chose à réfléchir par rapport à ça.

Vous avez eu cette chance rare dont rêve certainement tous les pianistes de jouer sur le pianoforte « Walter » de Mozart à Salzbourg. Poser ses doigts là où Mozart a joué il y a plusieurs siècles, ça fait quelle sensation ?

Rien que d’y penser, j’en ai encore la chair de poule. Pour faire simple, en janvier 2020, à l’heure où l’on ne parlait pas encore de la Covid, j’ai eu la chance de me rendre à la semaine Mozart et de pouvoir jouer sur ce légendaire piano « Walter » qui lui appartenait. Ce qui était incroyable, c’est que je suis resté dix jours à Salzbourg et que, tous les matins, dans une sorte de délicieux petit rituel, je me rendais dans la maison de Leopold, le père de Mozart. Là, à l’accueil, on me remettait une petite clé, presque du paradis, qui me permettait de passer devant le garde et d’ouvrir le piano de Mozart pour y travailler pendant plusieurs heures en vue des trois concerts que je devais donner sur ce pianoforte lors de ce séjour. Pour un pianiste, ça reste un évènement incroyable même si sur le coup on ne réalise pas vraiment. C’est préférable du reste, car sinon je pense que sous le poids de cette pression, les concerts auraient été compliqués. J’avais fait un peu de pianoforte auparavant mais cela n’était en rien ma spécialité. Même si je suis pour le fait de jouer sur des instruments modernes, se confronter ainsi à un tel piano permet de bien mieux comprendre les indications laissées par Mozart et ce qu’il souhaitait réellement véhiculer dans l’œuvre. C’est en cela un merveilleux éclairage. On prend ainsi le temps de phraser les choses ce qui apporte une vision nouvelle. Pour le détail amusant, il y avait au-dessus du piano un portrait de la famille Mozart et je me sentais quelque peu comme l’intrus qui, dans leur demeure, venait ainsi s’approprier ce légendaire pianoforte qui a grandement participé à construire tout un merveilleux pan de la musique classique.

Le concert, même si vous en êtes privé depuis hélas un moment, c’est un moment très particulier sans filet où, contrairement à l’enregistrement du disque, tout retour en arrière est impossible. Le pianiste, homme de radio et écrivain Philippe Cassard me disait : « En concert, il est à mon sens essentiel que l’instinct et ce côté fauve, presque primitif de l’interprète, prennent, le dessus pour que le jaillissement opère » Comment à titre personnel abordez-vous ce saut dans le vide ?   

Le concert est un moment unique qui n’a aucun rapport avec l’enregistrement. Il y a d’abord le trac, cette montée d’adrénaline qui lui est propre. Le fait de se jeter ainsi sur scène n’est d’ailleurs pas un acte franchement naturel, se présentant comme cela à des personnes en leur disant : « voilà, on va passer un moment tous ensemble ! » En concert, nous ne sommes que des passeurs qui tentons de transmettre de l’émotion et du bonheur à un public venu nous écouter. Notre but est d’oublier tout le travail en amont qui a conduit à rendre ce récital possible pour offrir quelque chose d’unique au public. Nous ne sommes finalement, tels des comédiens, là que pour faire la passerelle entre un texte et celles et ceux venus l’écouter.

Si vous deviez inviter un néophyte à découvrir le piano dans cet immense répertoire qu’est la musique classique, vers quelles œuvres le dirigeriez-vous ?

Première chose, Bach que tout le monde aime. Bach est le créateur et les autres sont les disciples. Bien sûr, je pourrais citer Mozart ou Chopin mais s’il s’agit d’une personne qui s’intéresse aux arts, à la peinture, on pourrait également l’emmener vers la musique de Debussy qui est très imagée.

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